Cantiere biografico
degli Anarchici IN Svizzera








ultimo aggiornamento: 10/08/2022 - 18:34

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JEALLOT Pierre (Le Tapin)
Ouvrier en papier peint, communard, blanquiste puis anarchiste


Né à Paris le 22 février 1833, mort à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) en 1909.

Tambour dans les zouaves sous le Second Empire (d'où son surnom), Pierre Jeallot fut délégué de la Commission ouvrière de 1867 au sein de laquelle il représenta les ouvriers parisiens en papiers peints fantaisie (il habitait alors 8, rue du Chaudron, à Paris). Militant actif de l'Internationale, il était blanquiste et appartenait au groupe de Ménilmontant. Durant le 1er siège de Paris, en1870, il fut incorporé au 74e bataillon de la Garde nationale. Sous la Commune, il fut élu capitaine et exerça les fonctions de directeur de la boulangerie à la manutention du quai de Billy. Le 4e conseil de guerre le condamna par contumace, le 4 octobre 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée.

Au lendemain de la Commune, il parvint à fuir et se réfugia à New York fin 1871. Il repassa néanmoins rapidement l'Atlantique et s'installa à Bruxelles où il se trouvait en mars 1872, puis passa en Suisse [sur cette période, consulter la notice du DBMOF].
Jeallot, à l'époque, n'avait plus qu'un bras valide. Dans son roman Philémon, vieux de la vieille, Lucien Descaves, qui avait recueilli ses mémoires avant sa mort, raconte de lui que « c'était le véritable gamin de Paris, gai, courageux, serviable, et débrouillard comme pas un. Il ne haïssait que les agents de police, qui lui avaient cassé un bras... mais l'autre travaillait pour deux. ». A Neuchâtel, Jeallot connut James Guillaume. Il gagna pendant longtemps sa vie en tournant la roue d'une presse dans une imprimerie et adhéra à la section de Neuchâtel de l'AIT. En 1877, il vivait à la Chaux-de-Fonds. Le 18 mars, il participa à la fameuse manifestation du drapeau rouge à Berne. En juillet, il dut effectuer un bref séjour à Paris. Les 19 et 20 août se tint, en effet, à la Chaux-de-Fonds, le congrès d'une fédération française de l'AIT constituée en avril et dont Alerini, Brousse, Dumartheray, Montels, Pindy formaient la commission administrative initiale. Après le congrès, Jeallot et Hippolyte Ferré remplacèrent Brousse et Montels. Jeallot exerça les fonctions de caissier fédéral. A cette époque, selon les mémoires de Kropotkine, il était encore blanquiste.

Jeallot rentra ensuite en France où il intégra les groupes socialistes renaissants. Il allait bientôt faire partie du « demi-quarteron » initiateur du mouvement anarchiste en France. Le 15 septembre 1878, il fut arrêté avec les membres de l'Internationale qui, autour de L'Égalité de Jules Guesde, avaient décidé de maintenir le congrès international prévu à Paris malgré l'interdiction gouvernementale. Au tribunal, le 23 octobre, il affirma qu'il devait participer au congrès comme délégué d'un « cercle d'études sociales » fort de 40 à 50 membres, et déclara qu'il n'attendait nulle autorisation pour se réunir puisque, étant anarchiste, il ne se soumettait pas aux lois (Le Petit Parisien du 25 octobre 1878). Il écopa de six mois de prison. A sa sortie, Jeallot continua de fréquenter les réunions socialistes parisiennes qui s'organisaient désormais autour du journal Le Prolétaire, de Paul Brousse. C'est dans ces réunions qu'il rencontra Jean Grave. Avec lui et Minville, Jeallot confonda en 1879 le Groupe d'études sociales des 5e et 13e arrondissement, dont Grave fut secrétaire. Le groupe travailla, avec Guesde, à remettre sur pieds L'Égalité, qui reparut le 21 janvier 1880. Jeallot habitait alors au 140, rue Mouffetard, à Paris 5e. Les réunions du groupe se tenaient chez un marchand de vin, au coin des rues Pascal et de Valence et étaient surtout fréquentées par des ouvriers tanneurs, corroyeurs et mégissiers, les industries de ce quartier où coulait alors la Bièvre. Mais elles reçurent également la visite de Cafiero, Malatesta et Tcherkessof.
Du 18 au 25 juillet 1880, Jeallot fut délégué par l'Alliance des groupes socialistes révolutionnaires au congrès ouvrier du Centre, qui devait préparer le congrès national du Havre. Il fut, avec Gautier, Lemâle et Grave, un des représentants de la tendance anarchiste du congrès. Fin 1881, au sortir d'une réunion, la police voulut arrêter Tcherkessof. Jeallot voulut s'interposer et écopa de six mois de prison à la Roquette.

Passée cette période initiale du mouvement anarchiste, il reste à éclaircir ce que fut l'activité de Pierre Jeallot. A la fin de sa vie, Pierre Jeallot fut admis à l'hospice de Limeil-Brévannes où il continua d'exercer son métier de peintre. Il rédigea ses souvenirs qu'il communiqua à Lucien Descaves. Ce dernier en fit une des sources de son roman Philémon. Jeallot mourut à l'hospice en 1909.

(Notice revue et complétée par Michel Cordillot et Guillaume Davranche)

 BIBLIOGRAPHIE : La Question électorale, Alliance des groupes socialistes révolutionnaires, Paris, 1880, 14 p.


FONTI:

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/857, n° 2848. ; Archives Eudes (IFHS). ; James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs, passim et, notamment, t. II, pp. 172, 223, t. IV, pp. 146, 220. -- J. Maitron, « En dépouillant les archives du général Eudes », L'Actualité de l'Histoire, n° 6, janvier 1954, p. 11. -- M. Dommanget, Blanqui et l'opposition révolutionnaire, op. cit. (le nom est orthographié Jallot). -- L. Descaves, Philémon, vieux de la vieille, 1913, pp. 277, 321, 325. -;Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté, renseignements datés 16 mars 1872 ; Le Petit Parisien, 25 octobre 1878 ; Jean Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, Flammarion, 1973 ; Kropotkine, Autour d'une vie, Stock, 1898.

 




CRONOLOGIA: